PARIS

 

Paris m’isole

Me déboussole

Paris me perd

Et me promène

Dans des artères

De foule sans gêne

Paris m’ignore

 

Paris m’étouffe

Paris me bouffe

Paris se pâme

Paris se moque

De moi quand je rame

Et je suffoque

Dans les tunnels du RER

 

Paris me largue et me provoque

Mais ce soir je le nargue et je m’en moque

Car j’ai ta main, car j’ai ta main

Qui me conduit au paradis

Dans le plus beau de ce Paris

Dans le plus doux de l’infamie

 

Paris m’isole

Et me désole

Paris me sert

Une rengaine

Rageuse, froide,

Souterraine

Paris m’ignore

 

Dans les volutes de fumée

Dans les artères étranglées

De la Seine

Je saigne

 

Paris me largue et me provoque

Mais ce soir je le nargue et je m’en moque

Car j’ai ta main, car j’ai ta main

Qui me conduit au paradis

Dans le plus beau de ce paris

Dans le plus doux de l’infamie

 

O façades inhumaines,

O fourmilières de regard vides

O malaise général dissout dans l’air humide

Chacun des visages anonymes

Portent une plainte qui m’abîme

Une douleur périphérique

Aux embouteillages de l’âme

 

Orpheline d’humanité,

J’écume le pavé et j’en bave

Dans la candeur de l’oubli

Je lève mon verre,

J’élève mes vers

A ta tour de fiel

Où j’accroche un sourire

Sans rancune

En lettres de peine,

De peine capitale.

 

Mais j’ai ta main, mais j’ai ta main

Qui me conduit au paradis

Dans le plus beau de ce paris

Dans le plus doux de l’infamie