SUBWAY
Précédé d’une réputation de hargneuses, les quatre jeunes femmes du groupe
Subway n’en sont plus à tergiverser sur les garçons croisés dans la cour de
récréation, mais plutôt à prendre à la gorge toutes celles et tout ceux qui
avisés, souhaiteraient plonger à cœur perdu dans un rock brut et incisif.
Régénéré en partie par l’arrivée d’Amandine au chant, le combo trouve
aujourd’hui une force nouvelle qui place leur nouvel album, « L’intranquille», au premier plan.
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Adieu désir, je te claque la porte au nez :
Je te prends, je te laisse.
SUBWAY, vous vous rappelez ?
Un mot pour dire un film, une enseigne et un groupe, et tellement d’autres choses.
Le temps passe, c’est inévitable, et avec lui les choses changent. Des voix se font entendre et des échos émergent de lointains souvenirs.
SUBWAY était un groupe de filles, volontaires dès le moment où Jean-Louis Murat, toujours aussi bien inspiré, fit appel à elles pour jouer avec lui lors d’un live - elles étaient jeunes, oui, mais j’ai vu les images - on devinant déjà l’énergie, repérant cette osmose renouvelée depuis, cette somme d’individualités, de tempéraments, de convictions, fusionnant comme par magie.
SUBWAY, c’était entre autres quatre filles toutes guitares devant, que leur talent, leur désir et quelque chose d’autre avaient rendues visibles ; passages en radios, petite renommée - mais juste le temps d’un album, et le temps rapidement passa…
Il est très tard, ce soir, et la rue est interminable ; ma soirée a été trop longue.
Je sais bien ce que valent ces soirées à rentrer, à pied, très fatigué - nous sommes à l’écoute de nous-mêmes et du reste, disponibles, en demande, interprétant la trajectoire d’étoiles filantes, cherchant où mettre notre attention - pensant que notre solitude peut rester partageable, doutant légitimement qu’on puisse la partager.
C’est le meilleur moment pour écouter de la musique, pour prendre en compte une chanson, pour voir ce qu’elles ont à nous offrir - je ne m’attendais pas à entendre ce soir une voix qui balancerait tout, une voix qui dirait je m’en moque.
J’étais sur un boulevard, j’avançais dans la nuit, je ne m’attendais pas à ce qu’on me secoue.
J’ai ta main, j’ai ta main qui me conduit…
Combien de temps faut-il pour que l’énergie se transmette, pour que le message passe, pour que les vases communiquent ?
Trente secondes et même pas : les quelques toutes premières mesures.
Les premières notes d’une plainte combative m’abordaient ; sauvez-moi, sauvez-moi, supplique batailleur qui paraissait émis depuis le cœur du monde, toutes batteries cognantes, toutes guitares griffantes.
Le nouveau Subway crache le feu, mais un feu qui réchauffe, un feu qu’on garde à l’intérieur, qui aide à avancer plus vite ; de l’ancien ne reste que l’envie, tout le reste a été bouleversé.
Sans Séverine, leur première chanteuse, SUBWAY n’est rien qu’un nouveau groupe - c’est le premier album de cette nouvelle équipe, et le premier aussi d’Amandine, catapultée chanteuse, parolière et supplément d’âme.
La nuit ne raccourcissait pas - la musique, seulement, marquait son territoire, et j’avançais en la suivant.
Qu’est-ce qui t’inspire… ?
Moi, je ne choisis pas ce qui t’inspire…
Sacré crépuscule.
Sacrées rythmiques, sacrées guitares, sacré son.
C’était familier. C’était neuf.
On était seuls, ce disque et moi ; nous vivions l’un à travers l’autre.
Je traversais encore des rues catastrophiques d’aigreur et de violence gardées dans l’estomac en entendant la voix toute vierge de SUBWAY me demander enfin si je me souvenais…
Adieu désir - de toutes mes idées, tu es la plus extrême…
Dans un secret, je te prolonge, je fais de toi un songe…
C’est soit ça, soit j’y reste…
Y rester, c’était compromis ; l’album, et je l’ai su plus tard, avait été enregistré en à peine dix jours - on ne contiendrait pas telle flamme en considérant simplement que les incendies s’éteignaient.
Un feu qui ne dévore pas consume.
J’en ai fait, l’espace d’une heure, les frais les plus ardents possibles.
Allez.
Cramez.